Je hais les haies qui sont des murs. Je hais les haies et les muriers qui font la haie le long des murs. Je hais les haies qui sont de houx. Je hais les haies qu'elles soient de mûres qu'elles soient de houx ! Je hais les murs qu'ils soient en dur qu'ils soient en mou ! Je hais les haies qui nous emmurent. Je hais les murs qui sont en nous !
Les épreuves peuvent être considérées comme des plongées dans le noir. Ne dit-on pas, lorsqu'on en sort, qu'on voit enfin "le bout du tunnel" ? Même si elles ne
sont pas souhaitables, ces épreuves ont la vertu paradoxale de nous faire mieux apprécier la clarté d'après les ténèbres. Comme la soif nous fait découvrir la valeur précieuse de l'eau, comme le
brouillard opaque nous permet de mieux apprécier la limpidité d'un lendemain ensoleillé, comme le froid nous donne de goûter à la douceur apaisante d'un rayon de soleil, comme la fatigue nous
donne de redécouvrir la force de notre énergie restaurée, c'est par contraste aussi que nous en sommes en mesure d'apprécier le goût de la vie.
Même dans la nuit la plus profonde, il nous est donné de percevoir, à un moment, l'obscure clarté des étoiles. Et puis après chaque nuit, aussi noire soit-elle,
succède une aube nouvelle..
"Nul ne peut atteindre l'aube sans passer par le chemin de la nuit", soulignait poétiquement Khalil Gibran.
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