Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
8 janvier 2020 3 08 /01 /janvier /2020 20:46

Je ne vois point de créature
Se comporter modérément.
Il est certain tempérament
Que le maître de la nature
Veut que l'on garde en tout. Le fait-on ? Nullement.
Soit en bien, soit en mal, cela n'arrive guère.
Le blé, riche présent de la blonde Cérès
Trop touffu bien souvent épuise les guérets ;
En superfluités s'épandant d'ordinaire,
Et poussant trop abondamment,
Il ôte à son fruit l'aliment.
L'arbre n'en fait pas moins ; tant le luxe sait plaire !
Pour corriger le blé, Dieu permit aux moutons
De retrancher l'excès des prodigues moissons.
Tout au travers ils se jetèrent,
Gâtèrent tout, et tout broutèrent,
Tant que le Ciel permit aux Loups
D'en croquer quelques-uns : ils les croquèrent tous ;
S'ils ne le firent pas, du moins ils y tâchèrent.
Puis le Ciel permit aux humains
De punir ces derniers : les humains abusèrent
A leur tour des ordres divins.
De tous les animaux l'homme a le plus de pente
A se porter dedans l'excès.
Il faudrait faire le procès
Aux petits comme aux grands. Il n'est âme vivante
Qui ne pèche en ceci. Rien de trop est un point
Dont on parle sans cesse, et qu'on n'observe point.

La Fontaine montre une chaîne d’excès : trop de blé ? Les moutons dévorent tout ; trop de moutons ? Les loups les exterminent ; trop de loups ? Les humains se chargent de les tuer : Personne ne sait garder la mesure nécessaire à une vie simple et sereine...

 

Rien de trop de Jean de la Fontaine
Partager cet article
Repost0
20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 08:17

socrate.jpeg

Socrate un jour faisant bâtir,
Chacun censurait son ouvrage :
L'un trouvait les dedans, pour ne lui point mentir,
Indignes d'un tel personnage ;
L'autre blâmait la face, et tous étaient d'avis
Que les appartements en étaient trop petits.
Quelle maison pour lui ! L'on y tournait à peine.
Plût au ciel que de vrais amis,
Telle qu'elle est, dit-il, elle pût être pleine !
Le bon Socrate avait raison
De trouver pour ceux-là trop grande sa maison.
Chacun se dit ami ; mais fol qui s'y repose :
Rien n'est plus commun que ce nom,
Rien n'est plus rare que la chose. 

 

Jean de la FONTAINE

Livre IV Fable 17

1621 - 1695


On lit, dans cette fable, l'intention d'attaquer certains faux
amis que le poète a connus et qui devaient être particulièrement nombreux à la cour...

 

mesprincesses

 

Belle semaine à tous

Partager cet article
Repost0
13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 07:34

 

oiseau_blesse_d_une_fleche.jpg

Mortellement atteint d'une flèche empennée

Un oiseau déplorait sa triste destinée,

Et disait, en souffrant d'un surcroît de douleur :

"Faut-il contribuer à son propre malheur !

Cruels humains ! Vous tirez de nos ailes

De quoi faire voler ces machines mortelles !

Mais ne vous moquez point, engeance sans pitié :

Des enfants de Japet toujours une moitié

Fournira des armes à l'autre."

 

Jean de la Fontaine

Livre II Fable 6

1621 - 1695

 

Dans cette fable la Fontaine déplore l'impuissance des hommes à vivre en paix.

 

mesprincesses

 

Belle journée à tous !

Partager cet article
Repost0
30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 06:07

Le-torrent-et-la-riviere_small1.jpg

 

Avec grand bruit et grand fracas

Un Torrent tombait des montagnes :

Tout fuyait devant lui ; l'horreur suivait ses pas ;

Il faisait trembler les campagnes.

Nul voyageur n'osait passer

 

Une barrière si puissante :

Un seul vit des voleurs, et se sentant presser,

Il mit entre eux et lui cette onde menaçante.

Ce n'était que menace, et bruit, sans profondeur ;

Notre homme enfin n'eut que la peur.

Ce succès lui donnant courage,

Et les mêmes voleurs le poursuivant toujours,

Il rencontra sur son passage

Une Rivière dont le cours

 

Image d'un sommeil doux, paisible et tranquille

Lui fit croire d'abord ce trajet fort facile.

Point de bords escarpés, un sable pur et net.

Il entre, et son cheval le met

A couvert des voleurs, mais non de l'onde noire :

Tous deux au Styx allèrent boire ;

Tous deux, à nager malheureux,

Allèrent traverser au séjour ténébreux,

Bien d'autres fleuves que les nôtres.


Les gens sans bruit sont dangereux :

Il n'en est pas ainsi des autres.

 

Jean de la Fontaine

Fable du livre VIII Fable 23

1621 - 1695

 

La morale de la fable est qu'il faut se méfier des gens aux allures trop tranquilles qui cachent parfois des vices insoupçonnés.

 

Belle journée à tous !

 

mesprincesses

Partager cet article
Repost0
13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 07:44

la-belette_entree_dans_un_grenier.jpg

 

Damoiselle belette, au corps long et flouet,

Entra dans un grenier par un trou fort étroit ;

Elle sortait de maladie.

Là, vivant à discrétion,

La galante fit chère lie,

Mangea, rongea : Dieu sait la vie,

Et le lard qui périt en cette occasion !

La voilà, pour conclusion,

Grasse, maflue et rebondie.

Au bout de la semaine, ayant diné son sou,

Elle entend quelque bruit, veut sortir par le trou,

Ne peut repasser et croit s'être méprise.

Après avoir fait quelques tours :

"C'est, dit elle, l'endroit ; me voila bien surprise ;

j'ai passé par ici depuis cinq ou six jours".

Un rat qui la voyait en peine,

Lui dit : "vous aviez lors la panse un peu moins pleine.

Vous êtes maigre entrée, il faut maigre sortir.

Ce que je vous dis là, l'un le dit à bien d'autres.

Mais ne confondons point, par trop approfondir,

Leurs affaires avec les vôtres".

 

Jean de la Fontaine

Fable du livre III Fable 17

1621 - 1695

 

Allusion probable à la Chambre de Justice créé par Colbert en 1661 pour obliger les créanciers à rembourser certaines fortunes mal acquises.

 

Belle journée à tous !


 

mesprincesses

 


Partager cet article
Repost0
2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 07:01

ane_portant_des_reliques.jpg

 

Un baudet chargé de reliques

S'imagina qu'on l'adorait :

Dans ce penser il se carrait :

Recevant comme siens l'encens et les cantiques.

Quelqu'un vit l'erreur, et lui dit :

"Maitre baudet, ôtez-vous de l'esprit

Une vanité si folle.

Ce n'est pas vous, c'est l'idole,

A qui cet honneur se rend,

Et que la gloire en est due."

 

D'un magistrat ignorant

C'est la robe qu'on salue.

 

Jean de la FONTAINE

Livre V Fable 14

1621 - 1695

 

La moralité de cette fable : Les gens qui se targuent des qualités d'autrui se rendent ridicules aux yeux de ceux qui les connaissent.

 

DSC02872.resized

 

Belle semaine à tous !

Partager cet article
Repost0